Mon ami Guillaume Trouillard m'a dit : " Vincent, de toute façon, tu vis pour le dessin ."

   Cette phrase a résonné dans mon esprit mais comme la découverte d'une évidence, comme de s'apercevoir que lorsque qu'on se regarde devant un miroir et bien c'est décidément nous-même dans son entier. Je trouve cette phrase juste, comme s'il était possible dans une clarté naturelle de se résumer à une phrase. Oui, je vis pour le dessin. Se rendre compte de ça, c'est une sensation parodoxale qui mêle tout même le plaisir de vivre pour un art et le fait de vivre que pour cet art. C'est bizarre et très interessant à fois.
   
   J'écoute toujours ce qu'on a à me dire, autant sur ma personne, que sur mon travail. Guillaume est ami qui conseille bien, voir même extrêmement bien puisqu'il a comme le don d'anticiper certain de mes processus de dessin afin que j'en vienne directement au fait. C'est parfois troublant, mais cela revient à une économie de moyens et d'energie fabuleux.
   
   Je viens d'avoir une correspondance assez longue avec lui au téléphone et pendant que je l'écoutais parler, je me voyais déjà faire des bonds gigantesques dans mon travail, comme si j'avais grillé les étapes inutiles rien qu'en faisant l'effort d'y réfléchir. C'est que je suis quelqu'un d'assez spontané, impulsif et charnel. Mon pragmatisme ne se révèle que lorsqu'il y a une contrainte ou un obstacle assez conséquent pour je me sente obligé d'y réfléchir. Beaucoup de mes amis m'aide à déterrer le pragmatisme enfoui en moi, car si je laissais faire mes envies et mon crayon, j'arriverai surement à des images avec des perspectives completement distordues et des détails dans tous les sens. C'est d'ailleurs ce qu'il m'arrive en ce moment, je foisonne, je fourmille et fatalement j'en mets trop. Je parle bien sur de certaines voir toutes mes images que j'ai pu réaliser sur Miguy Ville. Je n'en suis pas mécontent, loin de là, c'est juste qu'il manque dans ces images une clarté et une évidence qui devrait se résumer à une seule phrase. Les traits, plus j'en tartine dans tous les recoins, plus je m'embourbe. C'est un peu comme les mots, plus on se justifie et on s'explique, moins il y a de mystère. Les traits, même s'il y en a beaucoup, il faut prendre le temps de choisir leur place, chaque trait compte, comme les mots choisis d'une poésie. Ne pas tout dire, garder le mystère, je trouve que c'est ce qui rend les choses belles et intéressantes. Tendre le fil entre mystère et évidence. C'est difficile mais en cherchant dans ce sens, le résultat en est d'autant plus fort.
  
   Je vais donc pour la suite partir avec d'autres contraintes qui iront dans ce sens. Je n'enlève rien  ni n'efface de mon esprit et de mon blog ces images récemment dessinées. Je les laisse au contraire vivre au yeux de tous, pour que chacun puisque se rendre compte du travail réalisé en amont de la fabrication d'un livre, des erreurs et des pistes laissées de côté.
 
   Je rendrais du mieux que je peux l'aventure de ce livre Miguy Ville captivante, J'ai de toute façon tout le temps et l'énergie devant moi puisque j'ai dorénavent à l'esprit l'idée de vivre pour le dessin.






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