Vendredi 21 novembre 2008
Voici quelques planches extraites d'une histoire qui paraitra au Editions de la Cerise pour le troisième volet de la revue CLAFOUTIS qui sortira au prochain festival de la bande dessinée
d'Angoulême!
Cette histoire est l'un des nombreux chapitres de la grande aventure intitulée " LA FEMME, L'ENFANT ET L'IDIOT ". Très bientôt en ligne d'autres extraits d'un autre chapitre consacré
uniquement à L'IDIOT...
( planche 2 )
( planche 15 )
( planche 16 )
( planche 17)
Par vincent perriot
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Mon dos craque sur un tronc mort. Je suis allongé sur un pin couché et scié. Je regarde la cime des arbres qui caresse le ciel au vent. Je ne pense à rien d'autre qu'au plaisir d'être là,
d'entendre au loin les bruits de ballon de jeunes gens excités. J'ai bien fait de venir dans ce parc du donjon, j'en oubliais le calme des grands pins.
Retour à la ville, je me suis acheté une voiture pour pouvoir partir bientôt m'isoler à la campagne avec un groupe d'amis.
Je n'oublierai jamais ce jour ou Arnaud Malherbe me donna ce conseil qui chamboulera le reste de ma carrière professionelle. Merci Arnaud.
Par vincent perriot
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Le Chiquito. La serveuse pétille du regard mais s'emmerde royalement.
A peine je pose mes fesses sur un banc que mon voisin me tape la causette en distribuant des miettes de gateaux sec à des pigeons rabougris. La cinquantaine avancée, il me raconte avec amour toute
sa jeunesse d'apprenti platrier à Alger, sa rencontre chanceuse avec un colon d'influence et la scolarisation miraculeuse de sa petite nièce dont la directrice d'école refusait l'entrée. Il
est fier d'être berbère et me fait l'apologie de sa "noble race", surtout de l'entente naturelle entre eux et les français. Je l'écoute et je dessine toute la vie de ce marché ambulant ou les
cassettes vhs oubliées cotoient les sandales d'occasion et les valises à bon prix. Il aime ma façon d'écouter et d'observer. On met en commun notre philosophie de vie, moi en tant qu'artiste, lui
en tant qu'ancien berger dans les villages d'Algérie.
Il me dit qu'un artiste, c'est un personnage important, qu'il doit faire attention à chaque mot qu'il prononce, à chaque idée qu'il révèle. Un artiste ne doit pas parler pour rien, c'est quelqu'un
qu'on écoute car c'est lui qui a le pouvoir de faire de belles choses à partir de se qu'il voit. Créer de la beauté et donner le sourire aux gens, c'est ce qu'il y a de plus sincère et de plus
heureux. J'acquièce et on regarde ensemble le passage des gens et des marchands.
Il pleut, il se rue sur sa toile de marchandises tendue au sol. Il me dit droit dans les yeux qu'il s'appelle Tahar, je lui renvoie mon enchantement de l'avoir rencontré.
Je claque mon livre de croquis et m'engouffre dans le métro.
Par vincent perriot
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Un nuage de fumée gigantesque voile l'avenue. Alerte, Les badeaux s'entassent autour de la carcasse brulante. chinois, turques et polonais assistent ravis à l'extinction éclair des pompiers.
Les questions se posent, le mot " politique " se lit sur toutes les lèvres. La police débarque, en retard et excitée. Ils canalisent la ciculation du mieux qu'ils peuvent. Ils hurlent, insultent et
râlent pour faire passer leur autorité. On se moquent d'eux. Un russe me fait le signe amusé qu'il se verrait bien dessiné en train de baiser une policière. Je ris.
Le petit garçon cavale sous toutes les chaises, dans tous les sens, sous le regard pâle de la vieille chinoise. Il stoppe et fait bipper son jeu vidéo dans un coin. La vieille femme m'inspecte,
grave. Elle s'approche et s'énerve en chinois à la vue de mon dessin. Les serveuses amusées traduisent. " Pour elle, c'est un manque de respect de ne pas avoir demandé la permission avant
d'être dessiné. Elle refuse d'être présente sur le dessin ". Les serveuses rient et s'en vont, moi je suis confu. La vieille se campe mécontente mais je sens qu'elle est captivée par la fulgurance
de mon dessin en cours.
Je lui fais mes excuses, je sors le tippex de mon sac et efface sa tête.
Pas de sourire pour la vieille chinoise.
Par vincent perriot
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Je stoppe le blog un temps. Le temps de profiter de l'été.
Par vincent perriot
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Paris - Guinée
Ca sonne comme gris comme ça sonne vert !
Je souris. Je ris aussi à l'idée de partir. Christophe Bataillon lui, assure. Il tranche et traverse les chemins administratifs qui mènent au paradis. Nous allons être accueilli par Raph, un
ami à lui qui habite là-bas. Je ne sais pas, je ne sais rien de là-bas, mais je sens une chose, c'est que ça va être beau, très beau.
Je me détache petit à petit des obligations de la ville pour reprendre gout à des plaisirs trop bizarrement oublié, je pense à prendre mon temps par exemple. C'est une valeur qui s'oublie vite,
surtout en ces temps de frénésie énergéticomagnétique d'une vie à l'allure d'une course.
Mon voyage s'étalera sur une semaine et demie, le temps d'ouvrir les yeux.
Je rapporterai comme vous l'imaginez quelques croquis bien sentis, toujours avec le plaisir que mon regard s'affute et que mon dessin glisse.
Retour le 18 juin, le jour de la sortie de Taïga Rouge!
Par vincent perriot
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